Raindrops keep fallin’ on my head*
Publié par S.T le 23 janvier 2009
Le garage étant “fini”, j’allais donc pouvoir y emménager “provisoirement” comme prévu. Il n’y en pas 2 qui suivent, je le sens, faites un petit effort, lisez ce blog dans l’ordre et en attendant, relisez donc “Travaux on sait quand ça commence…” pour vous rafraîchir la mémoire.
Entendons-nous tout de suite sur le terme “fini”. Fini ne veut en aucun cas dire achevé. Tout le monde vous le dira, dans une maison, rien n’est jamais achevé car à peine la réfection du toit est-elle payée qu’il faut s’occuper urgemment de la plomberie ou de tout autre détail d’importance. C’est un cycle sans fin et – oserais-je le dire – infernal.
En ce qui concerne mon garage, l’adjectif fini correspondait à 4 murs, 1 toit, 1 fenêtre et 2 portes, le tout gentiment isolé (nouvelles normes, économies d’énergie et tutti quanti) où je devais, hypothétiquement, transporter mes pénates le temps nécessaire à la réalisation des travaux dans le corps principal d’habitation.
Un “mobile home” immobile en quelque sorte où je devais camper au maximum 3 mois (allez, soyons fous, disons 4).
A ce jour 23 janvier 2009, nous en sommes à 42 semaines, soit à peu près 10 mois… Non, je n’exagère pas du tout, et la constatation officielle peut être faite par un huissier ou tout autre officier civil assermenté. Bref…
Si vous êtes des adeptes du camping, vous conviendrez que l’essentiel consiste à avoir 5 parois relativement étanches sur un sol plan et hors d’eau. Ca n’en a pas l’air à première vue, mais le mot étanche prend parfois une connotation inattendue. Et dans le cas qui nous occupe, mon garage était effectivement étanche mais A L’INTERIEUR. De l’extérieur, il était en revanche totalement perméable.
Un peu de mécanique des fluides pour vous éclairer. C’est très simple :
I – si vous prenez une éponge et que vous versez de l’eau dessus, que se passe-t-il ?
- Réponse A – l’eau coule sur l’éponge et se répand autour
- Réponse B – l’eau est absorbée par l’éponge
La bonne réponse est B bien sûr ! (ceux qui ont coché A confondent vraisemblablement éponge et bloc de polystyrène). Continuons la démonstration.
II – si vous pressez l’éponge gorgée d’eau, que se passe-t-il alors ?
- Réponse A – l’eau pénètre dans votre main
- Réponse B – l’eau s’écoule de l’éponge
Ceux qui ont choisi la réponse A sont comme mon garage : ils ne sont plus étanches du tout. Les autres peuvent poursuivre en remplaçant le mot éponge par bloc béton (vulgairement appelé parpaing).
Or donc (et non pas hors d’eau), les murs de mon garage avaient la fâcheuse tendance à absorber l’eau de pluie et les portes n’étaient pas en reste, puisque l’eau s’infiltrait également sous les huisseries et formait d’immenses flaques sur le sol. Autant dire qu’il devient dans ces conditions extrêmement agréable de camper dans son garage car à la joie de vivre dans un espace réduit et confiné s’ajoute le bonheur de pouvoir prendre un bain de pied rafraîchissant sans sortir ni même bouger de son canapé… C’est ce qu’on appelle une situation “pied dans l’eau” dans les villégiatures.
Pour faire bonne mesure et pour continuer à lutter contre la déshydratation, l’eau s’infiltrait également par le toit et diffusait de fines gouttelettes qui tombaient qui sur le micro-ondes, qui sur l’ordinateur… Pour résumer, je dirais que passer quelques 10 mois dans mon garage ressemblait à passer un long mois d’août en Bretagne, quelque part du côté de Pornic… Encore qu’il fait bien plus beau en Bretagne que partout ailleurs, car là-bas au moins, à la pluie succède le vent.
The blues they send to meet me wont defeat me
It wont be long till happiness steps up to greet me
* – “Raindrops keep fallin’ on my head” une fabuleuse chanson écrite par Burt Bacharach et Hal David en 1969 pour le film Butch Cassidy and the Sundance Kid de George Roy Hill et reprise en français par Sacha Distel sous le titre “Toute la pluie tombe sur moi”.